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Localisation: Ce monument se trouvait sur le
site du Pensionnat Saint-Joseph situé à la rue de Pâturages,
à proximité de Église Saint-Martin. Les bâtiments et le
monument aux morts du Pensionnat Saint-Joseph n'existent
plus (Source: Raphaël DUCARNE, Administration communale de
Quévy).
Inscriptions
"PRO PATRIA CECIDERONT [Ils tomberont pour leur patrie]
SIGNUM FIDEI [Signe de foi]
À / NOS / HÉROS / DE LA / GUERRE / 1914-1918
R.I.P.
[48 noms sur base du journal de l'amicale des anciens
élèves; les cartes postales anciennes semblent, elles,
renseigner 49 ou 50 noms]
PAX"
Inauguration : 25 mai 1922.
Historique du Pensionnat Saint-Joseph jusqu'en 1922
Dès le mois de février 1904, le Frère Félicien-Marie
commence à prospecter pour trouver en territoire belge, une
propriété qui pourrait abriter son oeuvre en cas d'expulsion
(à la suite de l'adoption de la loi française de séparation
des églises et de l'état). Il trouve, avec son auxiliaire le
Frère Auguste, une propriété en vente sise à Givry, non loin
de Mons. Les deux Frères se mettent d'accord et, le Visiteur
consulté, ils décident de se mettre en relation avec les
propriétaires de la ferme-château (Écartelage). L'acte
d'achat est signé le 12 mars 1904. À peine dix jours après,
les travaux commencent, sur les conseils avisés du président
de l'amicale, Jules DUFOUR.
Les travaux vont bon train, tant et si bien que la rentrée
1904-1905 peut se faire sans retard, avec 70 pensionnaires.
Le 11 septembre 1904 a lieu la première réunion des anciens
élèves du Quesnoy.
Les sept Frères qui terminaient l’année à Le Quesnoy,
procèdent à l’ouverture de Givry. Les débuts sont
encourageants; les Frères s'adaptent aux circonstances. Bien
sûr, l'installation reste sommaire et le confort
rudimentaire, mais le pensionnat progresse tant au niveau de
l'aménagement que des études, avec l'arrivée au directorat
du Frère Frumence.
Il ouvre dès 1906, des cours professionnels "Bois et Fer",
lesquels auront un grand succès !
En 1909, sous l'impulsion du Frère Floribert-Élie, neveu du
C.F. Assistant Maurice-Lucien, l'enseignement agricole est
organisé: cours théoriques, travaux pratiques au laboratoire
de chimie agricole et visites effectives des travaux à la
campagne et à la ferme. Il s'agit de répondre aux besoins
éducatifs locaux: population agricole et présence d'une
sucrerie. L'enseignement professionnel aux ateliers (bois,
fer) est doublé de cours de sténodactylographie et de
comptabilité, sous l'impulsion du C.F. Omer. On compte 140
élèves en 1910. En juin de cette même année, Mgr DELAMAIRE,
archevêque de Cambrai, visite le pensionnat.
L'amicale des anciens élèves des Frères du Quesnoy-Givry
joue un rôle de soutien permanent. En février 1911,
l'association des anciens voit paraître son premier
bulletin.
En 1912, la communauté ouvre une école gratuite pour les
enfants de Givry, l'école du Sacré-Coeur, qui accueillera 40
à 50 enfants, quasi sans interruption jusqu'en 1952. De
nouveaux agrandissements sont effectués: 4 classes, un
dortoir et une salle des fêtes. Les nouveaux locaux sont
bénis par Mgr WALRAVENS, évêque de Tournai.
Le 5 juillet 1914, l'amicale célèbre à Givry le 30ème
anniversaire de sa fondation. La communauté compte 26
Frères; ceux qui ont été mobilisés rejoignent la France: 51
d’entre eux tombent au champ d’honneur. Un mémorial
rappellera leurs noms et leur foi aux générations futures.
Le pensionnat sert d'ambulance pour les soldats anglais
d'abord (Bataille de Mons) puis allemands, en prenant le
statut d'hôpital de la Croix-Rouge, statut qui protègera
l'établissement plus d'une fois. Durant le conflit, le
pensionnat accueille encore entre 30 et 80 élèves, dont
certains Français bloqués durant de longs mois en 1916-1917,
loin de leur famille.
Le 25 mai 1922 a lieu la cérémonie d'inauguration du
mémorial, sous la présidence de M. le général de FONCLARE,
commandant du 1er corps d'armée français.
La chorale Saint-Albert est fondée fin 1915.
Les Frères se dotent d'une concession à perpétuité dans le
cimetière de la commune, en juillet 1916.
Le quotidien enchaîne perquisitions (cache des literies
découverte en 1918, d'où forte amende et internement du
Frère directeur), réquisitions ("enlèvement" des jeunes pour
couper du bois), contrôle des populations, confiscations
(machines à écrire en 1916, cloche en 1917, charbon, etc.).
Rarissimes sont les colis venus de France via la Hollande
ayant défié les sous-marins.
L'école vit pourtant au rythme des fêtes liturgiques et des
processions (Saint-Joseph, Sainte-Jeanne-d'Arc,
Saint-Jean-Baptiste-de-La Salle, procession au Très
Saint-Sacrement, adoration du Sacré-Coeur de Jésus,
communions solennelles, confirmations, etc.).
À partir de septembre-octobre 1918, le pensionnat accueille
des afflux de réfugiés français, évacués et "influenzés". La
grippe espagnole est là et va entrainer une forte mortalité:
on compte 2 enterrements par jour dans la commune. Toutes
les salles sont occupées par 40 malades et 105 personnes; un
médecin de la Croix-Rouge du Wurtemberg procure les soins.
Les combats entourent le village: grenades, mitraille, obus,
avions en rase motte, canons camouflés dans les environs,
troupes qui passent et cantonnent. Les caves servent d'abri.
Le défilé allié se déroule le 11 novembre 1918 au matin.
Dans les jours qui suivent arrivent les prisonniers de
guerre qui font étape avant de rentrer chez eux.
En janvier 1919, on compte 90 élèves, et 185 à la rentrée
d'octobre. Les retraites de début et de fin d’année
reprennent. L'amicale des anciens est relancée en juin 1920.
S'enchaînent les fêtes patriotiques, les hommages des
troupes hébergées, les retours des Frères mobilisés,
blessés, décorés. Un monument aux morts est érigé après une
rapide souscription en mai 1922. (Source: "Fonds du
Pensionnat Saint-Joseph à Le Quesmoy, Givry (Belgique), et
Notre-Dame de l'Assomption à Bavay (1843-1958)", répertoire
numérique détaillé, établi par Fanny MILLET, archiviste,
sous la direction de Magali DEVIF, directrice des Archives
lasalliennes, octobre 2024).
Remarques
Les cartes postales anciennes en notre possession ne
permettent pas de lire les noms des victimes. Les noms
enregistrés ici sont tirés du journal de l'amicale des
anciens élèves daté su 6 décembre 1921 (voir ci-dessous).
Toutes les personnes mentionnées sur le monument sont de
nationalité française.
Voir les noms des victimes de la guerre 1914-1918
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